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Lettre du vendredi 12 mai 2006

Le commerce continue, encore et encore

Vendredi 5 mai, au port de Boulogne-sur-Mer, une délégation de la PMAF a protesté contre la reprise du commerce de veaux vivants entre le Royaume-Uni et le continent. C’est déguisés en veaux et arborant panneaux et banderoles que les membres de la PMAF ont accueilli le premier chargement de veaux anglais depuis 10 ans d’embargo sur le boeuf britannique, rappelant son opposition à la reprise de ce triste commerce. Du côté anglais, un rassemblement était également organisé la veille par le siège international de la PMAF (CIWF), et a réuni plus de 300 personnes dans les rues de Douvres.


Les membres de la PMAF venus à Boulogne-sur-Mer étaient prêts à accueillir le chargement de veaux anglais.

A Boulogne, malgré les difficultés pour connaître le lieu et l’horaire d’arrivée du bateau, la mobilisation matinale de militants déterminés venus de toute la région a permis de témoigner auprès des médias des conditions de transport de ces animaux âgés de quelques jours, assoiffées, affamés, et entassés pour d’éprouvants voyages en mer puis sur terre. Plusieurs médias régionaux ont couvert l’événement, qui a également fait l’objet d’un reportage diffusé le jour même dans l’édition nationale du journal télévisé de France 3, informant ainsi des milliers de consommateurs sur les réalités cachées du commerce de veaux pour la viande.

Chicago : un pas de plus vers l’abolition mondiale du foie gras

Sur la base d’études vétérinaires accablantes, le conseil municipal de Chicago (Illinois, USA) a approuvé le 26 avril un arrêté interdisant la vente de foie gras dans toute la ville, venant ainsi renforcer un mouvement international en faveur de l’abolition du gavage. Plus de 100 restaurants de la ville avaient déjà retiré le foie gras de leur carte. Dans le monde, plus d'une dizaine de pays, essentiellement en Europe, ont interdit la production de foie au motif de cruauté envers les canards et les oies. Dans de nombreux autres pays, sans faire l’objet d’une loi spécifique, l’alimentation forcée d’un animal est tout simplement incompatible avec les lois de protection des animaux.

En France, par l’intermédiaire de son comité interprofessionnel (CIFOG), la filière française du foie gras s’organise. Elle présentait en 2005 les résultats d’une étude scientifique financée par elle-même, et contredisant les conclusions de plus de 10 experts français et internationaux. A l’issue de 2 années de lobbying incessant, elle obtenait ainsi en décembre dernier que la pratique du gavage soit protégée au titre de l’exception culturelle, par le biais d’un article ajouté in extremis à la loi d’orientation agricole. Cet article s’apparente à l’alinéa qui protège en France, par dérogation aux lois de protection des animaux, la pratique de la corrida.

Cabu et Cavanna s’opposent aux élevages intensifs sur www.poulets.fr

Cabu et Cavanna viennent de signer le manifeste pour l’interdiction de l’élevage intensif des poulets. Les signatures du fondateur de Charlie hebdo et de l’auteur du grand Duduche viennent ainsi dénoncer les conditions épouvantables que connaissent les 830 000 poulets élevés chaque année pour la viande dans les fermes industrielles françaises.

Lors de la création d’Hara-Kiri dans la France de 1960, le poulet était un mets réservé aux dimanches et aux grandes occasions. Au fil du temps, son prix a connu une chute vertigineuse, tandis que la consommation grimpait en flèche. Le poulet est devenu un plat ordinaire, et les animaux le payent au prix fort : 80% sont entassés dans des hangars de 10 000 à 100 000 animaux, qui n’ont jamais accès à un parcours extérieur. La litière devient saturée d'excréments et dégage une forte odeur d’ammoniac. Des millions de poulets souffrent de déformations des pattes ou de paralysies, et beaucoup d’oiseaux souffrent d’insuffisance cardiaque, d’ampoules sur la poitrine, de dermites...

En joignant leur voix aux 50 000 autres signatures exprimées à ce jour, Cavanna et Cabu montrent que les animaux d'élevage ne sont pas des machines mais des êtres sensibles, et que la prise de conscience de nos responsabilités envers eux progresse de jour en jour.

>> Plus d’infos sur le site de la PMAF consacré à sa campagne poulets : www.poulets.fr

Tunnel de Fréjus : on achève bien les chevaux

Nuit du vendredi 5 mai, sortie du tunnel de Fréjus : les service vétérinaires Italiens arrêtent un chargement de chevaux français en provenance du marché de Maurs (Cantal), et destinés à être abattus pour la consommation dans le nord de l’Italie. Plusieurs infractions sont relevées : le camion, qui transporte 22 chevaux, est trop chargé. A la lueur des lampes de poche, les enquêteurs aperçoivent une jument couchée sur le sol du véhicule, sans blessure apparente. Une autre jument présente une blessure à l’épaule. Il est probable que les blessures aient été occasionnées durant le transport car, contrairement à ce qu’impose la législation, les juments et les étalons ne sont pas séparés.

La jument couchée se montre incapable de se relever : elle est abattue sur place. Les deux étalons et la jument blessée sont déchargés et conduits à l’abattoir le plus proche. Pour les récupérer, la compagnie de transport devra envoyer un autre camion équipé de cloisons séparatrices. Enfin, les services vétérinaires adressent au chauffeur deux amendes très dissuasives de 3098 € chacune, et adresseront un rapport aux autorités françaises. En France, les infractions à la réglementation protégeant les animaux en cours de transport sont punies par une amende forfaitaire de 135 € seulement ! La PMAF a suivi de nombreux camions qui ont transporté des chevaux depuis la France vers l’Italie. Bien des fois, nous avons vu des chevaux chuter et se faire piétiner par leurs congénères. Le simple respect de la législation pourrait pourtant limiter ce type de drame.

Le camion arrêté par les service vétérinaires Italiens était en surcharge, les juments et les étalons n'étant pas non plus séparés comme l'impose la législation.

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