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Lettre du Jeudi 12 mai 2005

Traité constitutionnel et protection animale

Vous êtes nombreux à vous interroger sur l’incidence que le nouveau Traité constitutionnel européen aura sur les animaux. Le directeur de la PMAF vient de donner son point de vue lors d’une interview réalisée par Radio France.

La réflexion s’articule autour de l’article III-121 qui stipule que : "Lorsqu’ils formulent et mettent en œuvre la politique de l’Union dans les domaines de l’agriculture, de la pêche, des transports, du marché intérieur, de la recherche et développement technologique et de l’espace, l’Union et les Etats membres tiennent pleinement compte des exigences du bien être des animaux en tant qu’êtres sensibles, tout en respectant les dispositions législatives ou administratives et les usages des Etats membres, notamment en matière de rites religieux, de traditions culturelles et de patrimoines régionaux"

Voici le passage qui fait référence à la PMAF :

"Les militants en faveur de la protection animale ne se concentrent donc pas uniquement sur l’article III-121 et tentent d’élargir le débat. C’est le cas notamment de Ghislain Zuccolo, directeur de la Protection mondiale des animaux (PMAF), un lobby agissant au niveau européen. Pour lui, l’article III-121 comporte une avancée, celle de définir les animaux comme être sensibles. Mais il considère que le Traité constitutionnel serait un plus pour la défense des animaux sur bien d’autres niveaux. « Le principe de la co-décision va renforcer le rôle du Parlement européen, ce qui est important pour nous, car le Parlement a toujours été favorable au bien-être animal. Il y a également l’article permettant d’adresser une pétition à la Commission, la publicité des votes du Conseil des ministres, la consultation des associations sur les actions européennes ». Autant de dispositions qui, selon Ghislain Zuccolo, renforceront les moyens de son groupe de pression."

>> Retrouver l’article et l’interview dans leur intégralité

10 jours de transport

L’UE exporte chaque année près de 200 000 bovins vivants vers le Moyen-Orient, où ils sont en règle générale, très vite abattus. L’Allemagne, la République d’Irlande et la France en sont les principaux exportateurs. Beaucoup de bovins quittent l’UE via le port de Sète. Transportés par terre et par mer, leur voyage peut durer jusqu’à 10 jours. Les animaux sont alors confrontés à de multiples problèmes de bien-être. De plus, les autorités européennes n’ont aucune possibilité de contrôler la façon dont les animaux sont traités lorsqu’ils sont transportés en dehors de l’Union. Il est donc impossible d’assurer leur protection. Sur place, la plupart des bovins sont égorgés rituellement sans étourdissement préalable.

Nous ne nous attaquons pas à la religion, mais à des pratiques contraires au respect de l’animal, et qui pourraient être évitées. En effet, si les animaux étaient étourdis avant leur mort, cela leur épargnerait des souffrances inutiles. C’est déjà le cas en Nouvelle Zélande, également exportateur de viande halal. Il serait de toute façon préférable d’exporter de la viande halal plutôt que des animaux vivants.

La Commission européenne préoccupée par le bien-être des animaux, a suspendu les subventions accordées pour l’exportation de bovins destinés à l’abattage. En revanche elles sont maintenues pour les exportations vers l’Egypte et le Liban, ce dernier étant la principale destination… Il n’est en outre pas exclu que les animaux soient acheminés vers une autre destination, une fois arrivés au Liban.  

Des subventions immorales !

Des enquêtes menées par le Service Européen anti-fraudes (OLAF), ont permis de découvrir un certain nombre d’irrégularités dans le système des subventions pour les exportations d’animaux. Ces financements sont donc sujets à des malversations ! En plus du coût supporté par les contribuables et des souffrances infligées aux animaux, ce commerce représente un risque sanitaire, avec la possible propagation d’épizooties dans les pays traversés.

Nous trouvons qu’il est moralement inacceptable que l’argent des contribuables européens soit utilisé pour encourager un tel commerce ! C’est pourquoi nous avons demandé instamment à la Commission européenne de stopper ces subventions.

Discussions politiques

Notre organisation a notamment agi avec le soutien d’un parlementaire britannique Neil Parish, qui a publiquement invité ses collègues du Parlement européen, à manifester leur soutien à cette campagne, en signant une déclaration écrite. Nous avons donc contacté tous les députés européens français pour les inviter à la signer.

Au bout d’une semaine, cette déclaration écrite avait déjà rassemblé 62 signatures ! De plus, le gouvernement danois a demandé que la question des subventions à l’exportation du bétail, soit ajoutée à l’ordre du jour du prochain Conseil des ministres de l’agriculture, le 26 avril 2005. Ce qui signifie que nos inquiétudes, et nos propositions seront discutées par les 25 ministres des états membres de l’EU. Nous nous réjouissons du succès qu’a connu ce lancement de campagne !

La filière avicole prépare l’offensive

Menacés par le projet de règlement européen sur le bien-être des poulets, les producteurs s’organisent, et viennent de constituer l’Association Nationale des Organisations de Production Avicole (ANOPA). Ils s’étaient réunis le 18 mars à Paris, à l’occasion de leur première assemblée générale, selon le mensuel Filières Avicoles.

Ce projet de règlement européen, si il est adopté imposera aux producteurs de respecter une densité maximale de 30 kg par m2, ce qui équivaut à 15 poulets par m2. Une norme qui pourra être légèrement dépassée si l’élevage satisfait des critères techniques : un taux de mortalité "conforme", et un taux de pododermatites (affections cutanées atteignant un ou plusieurs pieds) peu élevé. Ce second critère étant pour les éleveurs, le plus problématique… Si la coalition s’organise, et propose notamment de rehausser les exigences à 42 kg/m2, c’est essentiellement pour limiter des pertes financières.

Les professionnels n’hésitent pas à d’ores et déjà annoncer « la mort de la filière du poulet français !», si ces normes sont adoptées. Des professionnels très inquiets de savoir que les Britanniques, sensibles aux questions de protection animale, assureront la présidence de l’Union européenne au cours du second trimestre 2005 !

Face à l’offensive des éleveurs de poulets, nous devons redoubler d’efforts. Vous pouvez nous soutenir en diffusant notre pétition, nos tracts, notre affiche… dénonçant l’élevage intensif des poulets de chair.
>> en savoir plus sur cette campagne

Conférence de Londres : un vif succès

« From Darwin to Dawkins : the science and implications of animal sentience », la conférence internationale organisée à Londres les 17 et 18 mars derniers, a remporté un vif succès. L’évènement a rassemblé environ 600 personnes venues participer à ces deux journées de travail.

Le directeur de la PMAF Ghislain Zuccolo a profité d’une réunion faisant suite à la conférence, pour présenter notre action sur le thème du transport. Il a principalement expliqué aux associations venues du monde entier (Chine, Egypte, Irlande, Finlande…), le travail d’information et de sensibilisation que nous menons auprès de la Gendarmerie Nationale.

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